Juin 1986, coup de foudre pour ce bel hongre espagnol de 8 ans : Banco, récemment importé d'Espagne par mon beau-frère.

Vif, attentif, peu câlin, assez caractériel avec les hommes (pas les femmes), qu'a-t-il vécu avant ? Mais UN COEUR GROS COMME CA !

Quelques mois ont été nécessaires pour “s'apprivoiser” : se connaître, se faire confiance, s'apprécier et enfin que du bonheur à deux !

Seuls ou en compagnie d'autres quadrupèdes - chevaux, chiens – nous profitons : balades haut-savoyardes, randonnées dans les Alpilles, le Luberon, le Forez.

 

 

En campagne, sur les collines et montagnes, sous le soleil, sous la pluie, sous le firmament, ou dans des granges, que de belles aventures vécues!

 

24 ans de complicité !


 

Eté 2006, Banco perd la stabilité des antérieurs, ce qui nous vaut quelques “lopping” sans gravité, mais pour lui et moi il y a danger : sa retraite s'impose.

Il garde la forme, son allure athlétique malgré les poils “nounours” (moins de mue).

Octobre 2007, nous emménageons à Pierrelatte, son intégration régionale n'est pas facile : mistral, chaleur, herbe et foin moins ragoûtants. Il s'adapte petit à petit.

Nous nous soutenons et vivons sa retraite côte à côte, en parfaite osmose. Bien sûr nos sorties nous manquent, nos siestes à l'ombre et nos jeux nous rapprochent encore.


Fin septembre 2009, sa respiration devient irrégulière, ses déplacements sont ralentis, les demi-tours instables, heureusement l'appétit toujours bon. Je suis consciente que son corps vieillit avec des défaillances, je garde confiance en pensant à une crise passagère.

Dimanche 4 octobre 2009, 18 h, Banco a les yeux moins vifs, la tête plus basse, mais toujours attentif, il mange son picotin comme d'habitude, je le laisse tranquille.

21 h., Banco est couché le long du mur, peine à souffler, ne se lève pas à mon arrivée, je tente de l'aider, le stimule pour se lever mais sans succès.

Le vétérinaire équin (tél) me dit de le laisser tranquille et de voir le lendemain matin !

22 h., Il grignote la paille déposée devant lui. Du moment où il mange je suis un peu rassurée.

2 h du matin, Banco n'a pas changé de position, son regard est terne, triste. Je le cajole de nouveau, lui parle, il a l'air serein. Très fatiguée, je rentre me coucher.

5 h., je sursaute et me précipite à l'écurie, il est là trempé de sueur, le nez dans la paille, l'oeil éteint, je pose ma main sur ses naseaux rien, je cherche les battements de son coeur rien : C'EST FINI.

Il est parti à 32 ans, luttant seul face à la mort, sans moi ! Je culpabilise de l'avoir “abandonné” quelques heures ! Je reste auprès de ce corps qui n'est plus Banco mais ai besoin de lui parler, de le caresser et de pleurer !

8h., Je contacte le vétérinaire pour une société d'enlèvement du corps à destination de l'équarrissage ; celle-ci me fixe sa venue le lendemain 8h, le corps doit impérativement être accessible, près d'une route.
> Je dois trouver rapidement de l'aide pour sortir le corps du hangar, je panique. Grâce à mon amie Valérie, Pascal, un entrepreneur en BTP est venu en fin d'après-midi, son collaborateur Gilles a, avec un bulldozer, manipulé le corps avec délicatesse, tracté avec respect sur l'herbe puis aidé à recouvrir le corps.

Tous mes sincères remerciements à Valérie, Pascal, Gilles et tous ceux qui m'ont soutenue dans ces moments très difficiles et les jours suivants.

Je garde au plus profond de moi tous nos beaux souvenirs et regarde parfois nos magnifiques photos.

Aujourd’hui j’ai parcouru toutes les étapes du deuil et entame ma reconstruction

 

un autre cheval "MANGO" espagnol de 16 ans plein de vie et adorable.

Le nouveau compagnon de ma récente passion " le cheval en liberté", bien sur que les balades sont au programme

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Mireille – Pierrelatte 01/12/10