EZIA

Ezia est une jeune demoiselle née en mars 2014, dans un centre équestre qui venait d’acheter sa mère toute maigre en provenance d’Espagne.

 

Sevrée à 4 mois, elle attrape la gourme à 6 mois et vit en stalle jusqu’à ses 9 mois. Quand je la découvre, je vois un poney éteint, maigre, moche, squelettique, elle ressemblait à un dromadaire, mais quelque chose me dit qu’on a quelque chose à vivre ensemble.

 

Ayant déjà plusieurs chevaux, mon compagnon et moi décidons de l’accueillir à la maison, afin de lui offrir une vie de cheval au pré et lui donner une chance de se retaper physiquement.

 

Les premiers temps, je la sortais souvent en main, et elle était facilement manipulée, super câline, au pré c’est une vrai glue avec nous. Puis au fur et à mesure qu’elle reprend des formes et de l’énergie, elle nous montre un caractère plus affirmé, et des réactions de mécontentement qui commencent à m’inquiéter. C’est à cette période que je suis découvre ma grossesse et je décide donc de ne pas prendre de risque et de laisser mon compagnon s’en occuper. En 2017, je n’ose toujours pas la ressortir moi même en extérieur, car je suis impressionnée par son caractère et je crains de ne pas être à la hauteur pour savoir réagir quand et comme il faut en cas de stress ou de colère de sa part.

 

Ezia a aujourd’hui 3 ans et demi, et il est temps pour elle comme pour moi que nous construisions une relation de confiance ensemble. Mais je sens que j’ai besoin d’être accompagnée dans cette nouvelle étape, car il ne s’agit pas pour moi uniquement de débourrage de ma jument, mais aussi d’un travail sur moi pour passer par dessus mes peurs et mon manque de confiance en moi.

 

En fait, je me demande si il n’y aura pas plus de boulot sur moi que sur la jument.

 

C’est donc tout naturellement j’ai fait appel à Alain.  

1ere séance le 14 août 2017 :

 

Le grand jour arrive, que

j’attendais dans un mélange d’impatience et d’appréhension. Je raconte à Alain l’histoire de la pouliche, mes attentes, mes craintes et mes objectifs.

 

Il m’explique sa méthode de travail, et me demande d’aller chercher Ezia au milieu du troupeau.1er stress pour moi, car ça fait deux ans que je ne l’ai pas mené en longe, et qu’on n’a jamais pris le temps de la séparer des autres .

 

Je la ramène sans aucune difficulté, on entre dans le rond de long et on commence à en faire le tour, changer de direction s’arrêter, repartir. Pas de colère, pas d’appels aux copines, elle ne cherche pas à paddocker. Ouf, je commence à me dire que je me faisais des peurs pour rien.

 

Alain m’explique alors que bien que ça se soit bien passé, pour lui, il y a plusieurs choses à corriger dont un point indispensable: le respect. Je ne m’en rendais pas vraiment compte, mais Ezia m’a bousculé plusieurs fois en marchant, se collant à moi régulièrement. Jusqu’à ce que Alain m’ouvre les yeux, je prenais ça plutôt pour un excès d’amour qu’un manque de respect, mais c’est vrai que ça me gênait car j’avais toujours peur qu’en cas de démarrage vif, elle me fasse tomber.

 

Il reprend ma pouliche en main et nous explique l’importance d’avoir chacun son couloir (ce que j’ai envie d’appeler espace vital), et que c’était à la jument de garder sa distance. Il enchaine en différenciant la position du cheval qui marche derrière nous et s’en remet à nous pour gérer tout ce que se passe autour de nous, et la position ou l’on se tient à hauteur d’épaule du cheval qui doit alors se prendre en charge (même s’il peut toujours compter sur nous) tout en faisant attention de ne pas entrer dans notre espace personnel.

 

 

Alain m’explique que je dois devenir le référent de ma jument et non la dominer. Cette notion me plait beaucoup et en même temps, me mets une certaine pression, car elle va me demander une certaine confiance en moi, adopter une attitude zen et bien ancrée qui fera comprendre à Ezia que je suis là pour elle et que l’on va avancer ensemble.  

Après m’avoir montré comment m’y prendre avec Ezia, Alain me remet la longe. Ce qui semblait très fluide avec lui, devient tout brouillon avec moi. Je m’embrouille avec la longe, le stick, les réactions à avoir, et la jument en profite gentiment.

 

C’est la surchauffe dans ma tête, mais je ne veux pas laisser ma panique prendre le dessus et puis tout d’un coup, guidée par les conseils d’Alain, les choses se mettent petit à petit en place, et même si ce n’est pas parfait, je commence à comprendre et voir Ezia changer d’attitude. Il décide alors de partir en extérieur.

 

 

Le travail demandé à Ezia reste le même, le respect de l’espace vital de chacun et être à l’écoute de son référent. Pendant cette sortie, on croise plusieurs voitures, un chien, une jument, un chèvre, des occasions de tester la jument. Elle ne semble avoir peur de rien ou si peu, mais nous montre un fort tempérament et une grande intelligence.

 

Elle cherche à comprendre ce qu’on veut d’elle, mais n’a pas toujours envie. Quand elle voit une autre jument, elle se bat intérieurement entre son envie d’aller la voir et essayer de respecter son référent, on sent qu’elle bouillonne, mais qu’elle se contient.

 

Finalement, au cours de son petit combat intérieur, Alain reste ferme mais calme et tout cela me rassure. Je reprend la jument sur le retour, on se comprend enfin, on se détend et je prend un peu d’assurance.  

En fin de séance, Alain me confirme qu’il s’agit d’une jument très intelligente et qui a une grande confiance en elle, elle va beaucoup de me tester.

 

J’ai le sentiment d’avoir vécu un moment important au cours de cette séance et je prends conscience que me rencontre avec Ezia va m’obliger à m’affirmer et quelque chose me dit que ça me sera utile dans d’autres domaines.

 

A moi maintenant de nous prendre en main. Merci Alain pour cette première séance.  

2 ème séance, le 25 aout 2017.

 

Avant le retour de Alain pour la deuxième séance, j’ai essayé de m’exercer deux fois avec Ezia.

 

La première fois, c’était le soir, les juments avaient passées la journée à manger et étaient bien calmes et restaient à proximité du rond de longe dans lequel je travaillais avec Ezia. Celle – ci a été très sympa, tellement sympa, qu’elle en était léthargique et n’avançait pas ou très mollement. Je me suis sentie perdue et répétait inlassablement les consignes d’Alain, sans succès.

 

J’appelle Damien (mon conjoint) à la rescousse, et en m’observant, il m’explique que je manque tout simplement de conviction dans mes demandes. Sa présence me donne un peu d’assurance et effectivement, la pouliche se met un peu plus à l’écoute.

 

La seconde fois, la veille du retour d’Alain, je décide d’aller chercher Ezia, avec Léa, une amie cavalière, le matin, et de la sortir de son troupeau.

 

Il nous fallait traverser un pré de plus de deux hectares, et s’éloigner des copines équidés qui restaient tranquillement à brouter derrière nous. Je l’attrape sans soucis et on commence à s’éloigner sereinement. Puis, au moment ou l’on perd les copines de vu, miss Ezia s’excite, cherche à faire demi – tour, saute un peu partout.

 

Ma plus grosse crainte se réalise, est ce que je vais être capable de ne pas la lâcher et la ramener au calme. La présence de Léa me rassurait et me mettait un peu la pression pour ne pas lâcher l’affaire. J’ai donc chercher à stopper le mouvement, à me détendre moi, en respirant, en baissant bien les épaules et en parlant calmement à Ezia.

 

Et ça fonctionne, la pouliche s’apaise en quelques minutes. Je décide alors de ne pas chercher à aller jusqu’au rond de longe mais d’obtenir une séance à l’endroit ou nous étions, avec une jument attentive et à l’écoute. Mes objectifs étaient à demi – remplis. Mais j’étais fière d’avoir fait face à ce petit orage imprévu de la part d’Ezia.

 

Le 25 aout au petit matin, je raconte tout cela à Alain, puis il me demande de faire la détente dans le rond de longe, me corrige quelques petits défauts, et on part directement en extérieur. Le stress pour moi est bien moins fort que lors de la première sortie, et j’arrive même à avoir le sourire et à apprécier ce moment.

 Je pense que le petit « combat » de la veille m’a permis de me donner de l’assurance envers ma jument, et peut être un premier pas vers ce rôle de référent dont nous parle Alain.

 

On a croisé des voitures, des plaques d’égouts, on est allé dans un lotissement. Miss Ezia semble pas peureuse du tout.

 

Alain semble satisfait de nos progrès. Moi je sens que j’ai besoin de travailler encore ces sorties en longe et d’être complètement à l’aise avant de passer à l’étape suivante

PROCHAINE SEANCE SECTEUR PRIVAS 

 

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