TAYMOUR

La suite de l’Aventure…

 

Nous avons perdu Duncan en fin d’année 2016. Nous savons que vous êtes nombreux à connaître l’intensité de cette douleur et je ne m’étendrai pas sur cette partie. Je rends hommage à mon poulain chaque jour.

 

Nous avons été mon compagnon et moi très bien entourés et avons suivi les conseils d’amis proches nous encourageant à continuer l’aventure équestre, pour que gagne la Vie.

 

C’est ainsi que nous avons accueilli un merveilleux poulain de 3 ans en juin 2017, Taymour des mûriers, frison PP, fils d’Uldrick 457 (pour les amoureux de la race), élevé en Normandie par Monsieur VERHAQUE Philippe.

 

Taymour est resté entier jusqu’à ses 3 ans, il a été castré en février 2017 pour rejoindre nos poneys et Renzo (fiche sur le site) l’été dernier.

Il s’est blessé au carpe peu de temps après son arrivée et nous commençons le travail depuis peu.

 

Qui est Taymour ? Né en avril 2014, Taymour est un poulain proche de l’Homme qu’il a repéré comme étant son référent dans toutes les situations (ça c’est un cadeau), il est généreux, plein d’énergie, joyeux et très expressif dans ses émotions. Il a du caractère mais reste très respectueux.

Son éleveur lui a appris à réfléchir et à proposer, il a été « travaillé » uniquement en liberté et de ce fait, a une grande capacité de connexion et de concentration.

La reprise de l’Aventure s’est évidemment faite sous l’œil expert d’Alain. Et ce que ne dit pas cet homme humble et généreux, c’est qu’il est venu faire une séance juste pour mettre les 2 jeunes frisons ensemble (Taym n’ayant cotoyé que des étalons avec des rapports moins cordiaux) et qu’il a géré la rencontre en extérieur puis dans le parc, 70 kilos d’humain avec 1,2 tonne de cheval dans les mains… et bien évidemment, ce fût une réussite.

 

Avec Alain, nous avons commencé par un diagnostic du couple cheval-cavalier révélant un cheval vif, conscient de sa force mais suffisamment respectueux pour ne pas s’en servir.

 

De mon côté, je me dois d’être plus rigoureuse dans mes demandes et mes attentes.

 

Je me satisfais de trop peu par rapport à ses capacités, je récompense et décortique encore trop et je dois poser un cadre moins élastique.

Les premières séances ont été fructueuses, Taymour a appris à vivre et balader avec des congénères, sortir seul ou accompagné en extérieur et même fait un petit stage de travail à pied en écurie où il nous a montré qu’il était à l’aise et connecté partout, et avait bien plus d’endurance mentale et de concentration que son humaine ! Le travail en extérieur est excellent, les bases sont saines.

La dernière séance est un travail d’immobilité dans le van. Taym a eu, par ma faute, une expérience stressante en van (mise de jambières alors qu’il n’était pas habitué). Nous avons préféré reprendre les bases avec Alain : l’humain décide de la montée et de la descente, et le cheval reste calme et patient dans le van. Nous allons retravailler toutes ces étapes jusqu’à l’immobilité en van fermé.

En parallèle, nous allons démarrer les longues rênes, une belle étape pour nous à l’arrivée de ses 4 ans.

Une idée de la suite ? Beaucoup de liberté avec un travail au clicker, une envie de simplicité, sans aides artificielles, une monte légère et sécure. Le reste, l’avenir nous le dira !

 

 

La suite au prochain épisode ;)

Les longues rênes : Actes 1 et 2

 

Taymour va sur ses 4 ans fin avril et nous avons décidé d’initier un travail aux longues rênes pour lui permettre de mâturer tant psychiquement que physiquement.

 

Ce travail vient en parallèle du travail en extérieur déjà bien amorcé avec des journées de randonnées en compagnie d’autres chevaux et des stabulations en groupe.

 

Nous avons abordé les longues rênes en 2 temps car Taymour est un poulain très froid qui intériorise beaucoup ses émotions.

 

Sur proposition d’Alain, la première séance s’est construite uniquement autour de la mise du surfaix et de l’évolution avec le matériel, en longe et en liberté.

Nous avons choisi une carrière en herbe qui a permis de le mettre néanmoins en situation de travail alors qu’il y avait d’autres centres d’intérêt bien plus… appétissants ! Mais aussi de lui offrir des pauses confortables lorsque son état émotionnel le demandait.

 

Outre la manipulation de ce matériel que je ne connaissais pas, j’ai appris à lire les signes subtils des émotions de mon cheval.

 

Le connaissant bien, je décodais ses attitudes et son regard mais ne m’étais pas attachée aux signes plus fins comme un naseau trop dilaté ou une ligne du ventre qui se tend légèrement.

 

La séance a donc permis d’avoir un cheval décontracté et trouvant du confort à évoluer avec un nouveau matériel.

 

La seconde séance s’est construite autour des longues rênes. J’aime l’idée d’Alain que la séance se construise avec le cheval sans objectif attendu de séance.

 

Nous avons une direction mais c’est Taymour qui nous montrera jusqu’où nous pouvons aller. Peut-être que nous l’initierons aujourd’hui au travail en longues rênes… ou pas.

Comme toujours avec Alain, nous allons respecter le rythme de chacun ; du cheval… mais aussi de l’humain.

Nous commençons la séance avec une petite détente en liberté avec le surfaix.

 

Taym se laisse mettre le matériel sans être attaché, ce qui me montre que la dernière séance a été respectueuse et positive.

 

Nous commençons à marcher lorsqu’Alain soulève que c’est bien trop souvent Taym qui choisit la direction et moi qui demande le rythme. Je vais veiller à vérifier que l’on ne biaise pas le travail en liberté.

 

Quelques petits tours au trot où Taym montre qu’il cherche à trouver sa position avec le surfaix, lui qui descend très bas la tête et monte son garrot, il doit s’habituer au contact du matériel avec cette position. Pas de gros signaux d’inconfort, seulement un poulain qui répertorie les sensations.

 

Puis Alain m‘explique chaque étape des longues rênes pour assurer la sécurité de chacun des protagonistes. Une fois passée l’étape du contact des rênes sur les flancs, les fessiers et les postérieurs à l’arrêt et en mouvement, on commence la mise en avant, l’arrêt puis la direction.

 

Alain explique à Taym puis me laisse les rênes. Après quelques tours de piste et des réponses instantanées à chaque direction et arrêt en toute bonne volonté, nous arrêtons la séance.

 

Le but est de féliciter et continuer de valider chaque séance sur une attitude volontaire et détendue du cheval.

 

 

 

Ce que je retiens pour la séance suivante :

 

Vérifier la direction en liberté

Valider chaque réponse de Taym avec un contact des rênes en plus de la voix. Il se peut que des facteurs extérieurs l’empêchent de m’entendre (moteur, musique…). De fait, il doit pouvoir reconnaître l’action des mains pour l’arrêt et la direction.

Chercher une attitude dynamique mais détendue

 

Les points positifs :

 

Travail dans des milieux variés (entourés d’ânes, de vaches, de moutons, de poneys, de chevaux et de chiens qui courent sur le terrain), Taym reste disponible et connecté.

Pas de réactions de défense surexprimées

 

A modifier :

 

A l’issue de la séance, je me suis dit que je devrais prendre du temps avec mon cheval avant l’arrivée d’Alain car j’ai du mal à me mettre tout de suite en conditions et Taymour aussi.

 

La connexion est peu représentative de notre travail en amont. La lecture du compte-rendu de Catherine avec Blondin est venue confirmer l’importance de ce critère et je prends note de veiller à ce que ce temps ne soit pas non plus trop long.