Karsten Du GRANOIS

                                                      A VENDRE

 

 

 1 ère séance Juillet 2019

 

 

Recit d'une rencontre à 3 :

 

Karsten Du GRANOIS poulain  frison de 2 mois, né de Tjitske V.D WESTER-GRIEEN  Jument frisonne PP STUDBOOK , et du frison Bartele 472, Alain Bellanger et moi.

 

Pour ma part, je monte à cheval, je connais un peu les chevaux adultes mais rien en ce qui concerne les poulains, alors je suis là pour apprendre à les manipuler.

 

Voici donc le compte-rendu de ma visite et de mon travail chez Véronique et Olivier, les charmants propriétaires.

 

Karsten est dans le box, box ouvert avec maman Tjitske, bienveillante et calme, tout près de lui mais à l'extérieur du box.
Olivier doit habituer le poulain au licol et à notre main qui tient la corde du licol. 

Le but de la manœuvre est de mettre Karsten en cercle autour de soi et de le faire tourner autour de ses épaules, en chassant les hanches à chaque fois qu'il s'arrête. ...

 

De cette manière, on enclenche le pas et Karsten reste toujours dans le mouvement. On lui signifie de plus que l'arrière train n'est pas une zone de non droit (dixit Alain...).

 

Beaucoup de douceur, pas d'éclat de voix, et toujours de l'avant. À mon tour, j'ai pris la place d'Olivier, pour exécuter la même figure. Le poulain évolue en cercle. Lorsqu"il stoppe et tire sur la corde du licol, je dois le maintenir et lui demander d'avancer. A chaque fois qu'il cède, je dois relâcher. 


De la douceur dans les caresses, de la fermeté dans le geste. Pas de caresses appuyées ou grattage de dos qui stimulent, il faut apaiser par des paroles douces et des effleurements.
Karsten fait plusieurs arrêts mais je le relance par le fait de pousser les hanches vers l’extérieur, le poulain s'exécute et tourne autour de moi. 

 

A la fin de la séance, Alain nous montre comment enlever tout en douceur le licol en gardant toujours le contact encolure- main, et en gardant ensuite les bras en collier autour de l'encolure.

 

Et puis calmement, il fait glisser ses bras et libère Karsten.

 

Alain me demande de m'écarter et d'appeler Karsten....qui vient ! Etonnant...c'est simple et magique à la fois.

 

 

 

 

 

2 ème séance Juillet 2019


Nous voici en route pour la deuxième séance concernant l'apprentissage mutuel entre deux poulains frisons et deux humains, Olivier et moi-même, sous l’œil avisé d'Alain.

 


Tout ce petit monde se retrouve dans le parc, c'est à dire Karsten du Granois et Jéleena du Granois avec les maman concernées Tjitske et Yelena.


Lors de notre première rencontre, nous avions travaillé dans le box, permettant au poulain d'avoir un sentiment de sécurité car dans un lieu qu'il connait, avec en première ligne sa mère à l'extérieur du box mais tout proche de lui.


Aujourd'hui, la première opération consiste à se rapprocher du box afin que Karsten vienne à l'intérieur et se sente en sécurité, au calme pour lui passer le licol.

Ensuite Alain accroche une longe au licol et se dirige vers la carrière suivi par Tjitske.

Nous sommes maintenant en extérieur avec beaucoup plus de paramètres à gérer : les autres chevaux, dont notre prochaine élève, Jéleena, en plein forme..., des éléments naturels qui bougent, enfin une somme de prétextes pour manifester une belle joie de vivre.

Nous entrons dans la carrière avec Tjitske en longe et Karsten en longe également.


Olivier doit réviser les apprentissages de la dernière séance, c'est à dire inviter le poulain à se mettre en cercle, en repoussant les hanches vers l'extérieur lorsqu'il s'arrête afin de relancer le pas.

Cette fois, dans la carrière, la distance entre nous doit se réduire pour ne pas perdre l'attention du poulain.
Il faut se coller contre lui, notre hanche contre son épaule, laissant notre bras et notre main sur son dos pour lui indiquer le mouvement en avant. Nous marchons ensemble, l'un contre l'autre.

Alain nous donne une consigne pour demander un arrêt au poulain : elle consiste à passer le bras qui ne tient pas le licol, le long de l'épaule opposée, tout en restant en contact afin de maintenir le poitrail de Karsten.


De cette manière, il est encadré : notre hanche le bloque d'un coté et notre bras de l'autre côté, au bout, la main, finit d'enserrer les épaules en le contenant.


Le poulain comprend rapidement, stoppe tout en restant calme durant cette manœuvre.


il se défend aussi alors, nous devons négocier ; il tire, je résiste, il relâche, je relâche. Karsten est plutôt coopératif, attentif et certainement un peu curieux de nos demandes. Il reste très agréable à travailler.

              Aout  2019

 

Notre élève Karsten avait manifesté sa joie d'être libre dans le parc lorsque Jeleena travaillait, maintenant c'est son tour.

 

Olivier lui a passé le licol sans problème, je pars avec Maman Tjitske, nous nous dirigeons vers la carrière.


Mêmes leçons pour Karsten, Olivier révise la marche proche de soi et l'arrêt. Et puis tout doucement, il s'éloigne du poulain en laissant un peu de mou sur la longe, il marche tranquillement à côté de lui. 

Nouveau défit, Alain demande à Olivier d'aller un peu plus loin de Maman Tjitske, au fond de la carrière qui est un peu au delà de sa "zone de confort". Quelques pas, puis un arrêt clair de sa part : c'est "non" ! Alors, pas d'affrontement, on doit faire par petite touche, Olivier repart dans l'autre sens.

 

Sur la demande d'Alain, je me dirige avec Tjitske vers cette zone qui inquiète Karsten car loin d'elle, afin qu'il nous rejoigne et comprenne que tout va bien. Il vient, confiant et rassuré.

La séance se termine comme avec Jeleena avec un travail sur les pieds, Même technique dans le calme, main qui descend le long de l'antérieur, puis prise du sabot, on maintient quelques secondes sous le ventre et on libère le sabot. 

Karsten reste à l'écoute mais il faut le bloquer un peu plus pour qu'il accepte le travail les postérieurs.


Notre petit monde a bien bossé, nous aussi : quel plaisir de voir que nos consignes sont comprises et reprises, quel bonheur de voir que ces 2 poulains nous donnent leur attention et nous font cadeau de leur capacité à transcrire nos demandes.


On avance doucement tous les 4 ou plutôt tous les 5, on ne dois surtout pas oublier Alain ...

       

           Septembre 2019

 

Nouvelle séance avec nos deux joyeux poulains frisons.

 

On laisse tomber le travail dans le box et on part vers de nouveaux horizons ... 


Nous débutons avec Karsten et Maman Tjitske avec qui nous allons dans le rond de longe afin de commencer à travailler le détachement en douceur du poulain, un petit air de sevrage.


Olivier reste avec Tjitske, quant à moi, je dois isoler le poulain hors de sa zone de confort, c'est à dire l'écarter de sa mère. Petite séance sportive car je dois m'interposer rapidement à chaque fois que le poulain veut se rapprocher d'elle, mon but étant de lui faire comprendre qu'il doit s’immobiliser pour que je puisse lui passer le licol.

Pas simple ! pour lui et pour moi. Ce sont des départs au galop vifs avec changements de direction, une tête basse et des postérieurs qui se manifestent vivement.
J'isole Karsten et il part d'un côté, je le bloque en me positionnant face à lui, il repart de l'autre, idem pour les autres tentatives. Il sort de sa zone de confort, et n'est pas ravi, on le comprend : que me veut-elle ?
Après plusieurs minutes, Karsten finit par s'immobiliser et me laisse approcher.

Je lui caresse l'encolure, je dois être détendue et respirer doucement, sans tension, je suis tout près.
Alors, je pars de mon côté, "c'est moi qui décide", je reviendrai vers lui quand je le déciderai, je deviens le référent. Cette opération est répétée plusieurs fois, Karsten devient plus calme, s'arrête et s'intéresse à moi, tête face à moi, oreilles dressées.

C'est à ce moment que je vais chercher le licol et que je viens vers lui. Il est calme et accepte le licol, nous partons ensemble récupérer la longe pour nous diriger vers la carrière avec Tjitske.


Nouvelle donne : Maman Tjitske retourne dans le rond de longe et Karsten reste seul dans la carrière. Petit moment d’inquiétude qui se traduit par le fait de tirer sur ma longe et tourner au petit trop. On rassure, on caresse, on parle.


Tout se met en place pour la révision des acquis de la séance précédente : marche tranquille à hauteur des épaules, je me dirige à droite et à gauche et il doit me suivre sans tension dans la longe. Lorsque je m'immobilise, j'utilise ma voix pour qu'il s'arrête, sinon je pousse l'arrière main vers l'extérieur. Le travail se fait de plus en plus dans l'échange et mes demandes se valident.

Notre cours particulier se termine, je dois rejoindre le rond de longe pour y retrouver Maman Tjitske.

 

Je retire le licol doucement, toujours en gardant le contact de mes bras avec son encolure. Alain me demande de m'éloigner en me disant que le poulain va me suivre...

 

Et effectivement, il me suit, c'est comme si j'avais toujours une longe imaginaire entre lui et moi car je suis devenue le référent !
Après un moment qui lui permet de "digérer" notre séance, je reviens vers Karsten pour lui remettre le licol et la longe afin de regagner les écuries mais cette fois, c'est lui qui passe devant. Il doit être respectueux envers moi et lorsque j'ouvre le passage, il doit rester à hauteur de mes épaules et attendre.

 

Chose faite, nous nous dirigeons vers les écuries, Karsten en tête, calmement, Maman Tjitske derrière. Le licol est enlevé en douceur, tout va bien.

 

          Octobre 2019

 

Premier petit matin frais et brumeux, les poulains et les juments sont un peu plus toniques que les autres fois.
Nous allons reprendre les bases pour Karsten qui n'a pas travaillé la fois précédente. Il ne pose aucun problème pour mettre le licol, c'est acquis.


La séance de pansage commence, la main et la brosse alternativement, on propose la main qui coure sur l'encolure, suivit de la brosse qu'il connait moins. Dés que le poulain manifeste une inquiétude en se décalant, on reprend le pansage avec la main.

 

On fera l'encolure, le dos, les flancs, les postérieurs qui se lèvent un peu mais se reposent. Tout cela se fait avec beaucoup de douceur, sans confondre avec des caresses.

Alain et Karsten se dirigent vers la carrière. L'air est frais et inspirent les autres chevaux du parc, qui nous offrent de superbes embardées.
Mais on est là pour travailler et après plusieurs tours au trop, galop, arrêts, Alain attend patiemment que le poulain se calme. Cette fois, c'est physique car nous ne sommes plus dans les rapports collés l'un à l'autre, la longe est beaucoup plus longue et permet au poulain de se manifester avec une certaine force et nous fait bénéficier de belles allures.

On ne sent pas d’appréhension de sa part, pas de peur, juste une envie d'être avec les autres : oreilles dressées, tête droite dirigée vers les chevaux, hennissements, pression importante sur la longe, un caprice en fait ! Il faut être patient et attendre.

 

Au bout d'un certain temps, son attention se porte sur Alain qui a attendu qu'il se calme et revient vers lui. 
Le travail se fait maintenant avec le stick, Alain révise la marche longe détendue, pas de passage devant les épaules, dès que le poulain s'excite, il s'arrête.


Je prends le relais pour le même travail de respect de l'humain et du poulain en lui laissant un peu de temps pour assimiler mes demandes d'arrêts et de changement de direction. On lutte un peu l'un et l'autre, c'est de bonne guerre mais on cède aussi l'un et l'autre...


Karsten est un poulain qui a de la force mais qui reste sympa et confiant, ce qui rend le travail ensemble intéressant.

‌‌‌                    Octobre 2019

 

Cette séance est toute simple : faire travailler Karsten en longe dans la carrière, pour qu'il nous suive simplement,sans tension.


C'est assez mouvementé et pas vraiment à son goût. Il tire fort sur la longe et part au galop dans tous les sens. Alors petite rectification, Alain lui met une longe beaucoup plus longue, ce qui nous permet de dépenser beaucoup moins d'énergie, et lui donne l'illusion d'avoir une grande liberté.

 

Liberté toute limitée car au final, le but est qu'il revienne vers Olivier. Mais comme il tarde un peu pour accepter cette demande, Alain le reprend et le recadre. On révise : tranquillement tous les deux marchent, s'arrêtent, Alain redevient le pilier d'attache, le poulain doit s'immobiliser. 

 

Après ce moment de retour au calme, Karsten va devoir s'habituer à nous suivre avec une longe très longue : de cette façon, il peut évoluer à sa guise sur un périmètre assez important mais qui au final se réduira comme une peau de chagrin.

 

C'est le but, il doit finir par comprendre que sa meilleure place est avec nous, prés de nous.


Les premiers essais dans la carrière sont explosifs, Olivier maintient Karsten à distance qui trotte, galope, pile, repart dans l'autre sens, mais cette longe le ramène toujours vers ce périmètre délimité par la longueur de la longe.


Petit à petit, la circonférence des cercles diminue, le poulain se calme et s'aperçoit qu'il va falloir qu'il s'approche d'Olivier.

 

C'est ensuite à moi de faire le même travail. Je bénéficie du temps que Karsten a passé à se défouler avec Olivier et le résultat ne tarde pas trop : Karsten me suit de loin, je rembobine la longe, et dès qu'il repart loin de moi, je laisse la longe défiler entre mes mains, jusqu'à une distance raisonnable en gardant toujours sa tête face à moi.


Je bloque et rappelle Karsten, je détends dès qu'il me suit, et ainsi de suite.
On finira tous les deux dans un cercle court et là je m'immobilise. Le poulain doit s'arrêter en même temps que moi. C'est ce qu'il fait assez vite, et là je félicite, je caresse, il reste à l'arrêt.

 

Tous les moments passés lors des séances précédentes permettent de voir le travail accompli et ça fait du bien ! 


La séance se termine en mode libre, sans licol, histoire de laisser le poulain galoper tout à son aise. Puis calmement, Olivier s'approche de Karsten, lui remet le licol sans problème pour le ramener dans le parc.