Karsten Du GRANOIS

                                                      A VENDRE

 

 

 1 ère séance Juillet 2019

 

 

Recit d'une rencontre à 3 :

 

Karsten Du GRANOIS poulain  frison de 2 mois, né de Tjitske V.D WESTER-GRIEEN  Jument frisonne PP STUDBOOK , et du frison Bartele 472, Alain Bellanger et moi.

 

Pour ma part, je monte à cheval, je connais un peu les chevaux adultes mais rien en ce qui concerne les poulains, alors je suis là pour apprendre à les manipuler.

 

Voici donc le compte-rendu de ma visite et de mon travail chez Véronique et Olivier, les charmants propriétaires.

 

Karsten est dans le box, box ouvert avec maman Tjitske, bienveillante et calme, tout près de lui mais à l'extérieur du box.
Olivier doit habituer le poulain au licol et à notre main qui tient la corde du licol. 

Le but de la manœuvre est de mettre Karsten en cercle autour de soi et de le faire tourner autour de ses épaules, en chassant les hanches à chaque fois qu'il s'arrête. ...

 

De cette manière, on enclenche le pas et Karsten reste toujours dans le mouvement. On lui signifie de plus que l'arrière train n'est pas une zone de non droit (dixit Alain...).

 

Beaucoup de douceur, pas d'éclat de voix, et toujours de l'avant. À mon tour, j'ai pris la place d'Olivier, pour exécuter la même figure. Le poulain évolue en cercle. Lorsqu"il stoppe et tire sur la corde du licol, je dois le maintenir et lui demander d'avancer. A chaque fois qu'il cède, je dois relâcher. 


De la douceur dans les caresses, de la fermeté dans le geste. Pas de caresses appuyées ou grattage de dos qui stimulent, il faut apaiser par des paroles douces et des effleurements.
Karsten fait plusieurs arrêts mais je le relance par le fait de pousser les hanches vers l’extérieur, le poulain s'exécute et tourne autour de moi. 

 

A la fin de la séance, Alain nous montre comment enlever tout en douceur le licol en gardant toujours le contact encolure- main, et en gardant ensuite les bras en collier autour de l'encolure.

 

Et puis calmement, il fait glisser ses bras et libère Karsten.

 

Alain me demande de m'écarter et d'appeler Karsten....qui vient ! Etonnant...c'est simple et magique à la fois.

 

 

 

 

 

2 ème séance Juillet 2019


Nous voici en route pour la deuxième séance concernant l'apprentissage mutuel entre deux poulains frisons et deux humains, Olivier et moi-même, sous l’œil avisé d'Alain.

 


Tout ce petit monde se retrouve dans le parc, c'est à dire Karsten du Granois et Jéleena du Granois avec les maman concernées Tjitske et Yelena.


Lors de notre première rencontre, nous avions travaillé dans le box, permettant au poulain d'avoir un sentiment de sécurité car dans un lieu qu'il connait, avec en première ligne sa mère à l'extérieur du box mais tout proche de lui.


Aujourd'hui, la première opération consiste à se rapprocher du box afin que Karsten vienne à l'intérieur et se sente en sécurité, au calme pour lui passer le licol.

Ensuite Alain accroche une longe au licol et se dirige vers la carrière suivi par Tjitske.

Nous sommes maintenant en extérieur avec beaucoup plus de paramètres à gérer : les autres chevaux, dont notre prochaine élève, Jéleena, en plein forme..., des éléments naturels qui bougent, enfin une somme de prétextes pour manifester une belle joie de vivre.

Nous entrons dans la carrière avec Tjitske en longe et Karsten en longe également.


Olivier doit réviser les apprentissages de la dernière séance, c'est à dire inviter le poulain à se mettre en cercle, en repoussant les hanches vers l'extérieur lorsqu'il s'arrête afin de relancer le pas.

Cette fois, dans la carrière, la distance entre nous doit se réduire pour ne pas perdre l'attention du poulain.
Il faut se coller contre lui, notre hanche contre son épaule, laissant notre bras et notre main sur son dos pour lui indiquer le mouvement en avant. Nous marchons ensemble, l'un contre l'autre.

Alain nous donne une consigne pour demander un arrêt au poulain : elle consiste à passer le bras qui ne tient pas le licol, le long de l'épaule opposée, tout en restant en contact afin de maintenir le poitrail de Karsten.


De cette manière, il est encadré : notre hanche le bloque d'un coté et notre bras de l'autre côté, au bout, la main, finit d'enserrer les épaules en le contenant.


Le poulain comprend rapidement, stoppe tout en restant calme durant cette manœuvre.


il se défend aussi alors, nous devons négocier ; il tire, je résiste, il relâche, je relâche. Karsten est plutôt coopératif, attentif et certainement un peu curieux de nos demandes. Il reste très agréable à travailler.

              Aout  2019

 

Notre élève Karsten avait manifesté sa joie d'être libre dans le parc lorsque Jeleena travaillait, maintenant c'est son tour.

 

Olivier lui a passé le licol sans problème, je pars avec Maman Tjitske, nous nous dirigeons vers la carrière.


Mêmes leçons pour Karsten, Olivier révise la marche proche de soi et l'arrêt. Et puis tout doucement, il s'éloigne du poulain en laissant un peu de mou sur la longe, il marche tranquillement à côté de lui. 

Nouveau défit, Alain demande à Olivier d'aller un peu plus loin de Maman Tjitske, au fond de la carrière qui est un peu au delà de sa "zone de confort". Quelques pas, puis un arrêt clair de sa part : c'est "non" ! Alors, pas d'affrontement, on doit faire par petite touche, Olivier repart dans l'autre sens.

 

Sur la demande d'Alain, je me dirige avec Tjitske vers cette zone qui inquiète Karsten car loin d'elle, afin qu'il nous rejoigne et comprenne que tout va bien. Il vient, confiant et rassuré.

La séance se termine comme avec Jeleena avec un travail sur les pieds, Même technique dans le calme, main qui descend le long de l'antérieur, puis prise du sabot, on maintient quelques secondes sous le ventre et on libère le sabot. 

Karsten reste à l'écoute mais il faut le bloquer un peu plus pour qu'il accepte le travail les postérieurs.


Notre petit monde a bien bossé, nous aussi : quel plaisir de voir que nos consignes sont comprises et reprises, quel bonheur de voir que ces 2 poulains nous donnent leur attention et nous font cadeau de leur capacité à transcrire nos demandes.


On avance doucement tous les 4 ou plutôt tous les 5, on ne dois surtout pas oublier Alain ...

       

           Septembre 2019

 

Nouvelle séance avec nos deux joyeux poulains frisons.

 

On laisse tomber le travail dans le box et on part vers de nouveaux horizons ... 


Nous débutons avec Karsten et Maman Tjitske avec qui nous allons dans le rond de longe afin de commencer à travailler le détachement en douceur du poulain, un petit air de sevrage.


Olivier reste avec Tjitske, quant à moi, je dois isoler le poulain hors de sa zone de confort, c'est à dire l'écarter de sa mère. Petite séance sportive car je dois m'interposer rapidement à chaque fois que le poulain veut se rapprocher d'elle, mon but étant de lui faire comprendre qu'il doit s’immobiliser pour que je puisse lui passer le licol.

Pas simple ! pour lui et pour moi. Ce sont des départs au galop vifs avec changements de direction, une tête basse et des postérieurs qui se manifestent vivement.
J'isole Karsten et il part d'un côté, je le bloque en me positionnant face à lui, il repart de l'autre, idem pour les autres tentatives. Il sort de sa zone de confort, et n'est pas ravi, on le comprend : que me veut-elle ?
Après plusieurs minutes, Karsten finit par s'immobiliser et me laisse approcher.

Je lui caresse l'encolure, je dois être détendue et respirer doucement, sans tension, je suis tout près.
Alors, je pars de mon côté, "c'est moi qui décide", je reviendrai vers lui quand je le déciderai, je deviens le référent. Cette opération est répétée plusieurs fois, Karsten devient plus calme, s'arrête et s'intéresse à moi, tête face à moi, oreilles dressées.

C'est à ce moment que je vais chercher le licol et que je viens vers lui. Il est calme et accepte le licol, nous partons ensemble récupérer la longe pour nous diriger vers la carrière avec Tjitske.


Nouvelle donne : Maman Tjitske retourne dans le rond de longe et Karsten reste seul dans la carrière. Petit moment d’inquiétude qui se traduit par le fait de tirer sur ma longe et tourner au petit trop. On rassure, on caresse, on parle.


Tout se met en place pour la révision des acquis de la séance précédente : marche tranquille à hauteur des épaules, je me dirige à droite et à gauche et il doit me suivre sans tension dans la longe. Lorsque je m'immobilise, j'utilise ma voix pour qu'il s'arrête, sinon je pousse l'arrière main vers l'extérieur. Le travail se fait de plus en plus dans l'échange et mes demandes se valident.

Notre cours particulier se termine, je dois rejoindre le rond de longe pour y retrouver Maman Tjitske.

 

Je retire le licol doucement, toujours en gardant le contact de mes bras avec son encolure. Alain me demande de m'éloigner en me disant que le poulain va me suivre...

 

Et effectivement, il me suit, c'est comme si j'avais toujours une longe imaginaire entre lui et moi car je suis devenue le référent !
Après un moment qui lui permet de "digérer" notre séance, je reviens vers Karsten pour lui remettre le licol et la longe afin de regagner les écuries mais cette fois, c'est lui qui passe devant. Il doit être respectueux envers moi et lorsque j'ouvre le passage, il doit rester à hauteur de mes épaules et attendre.

 

Chose faite, nous nous dirigeons vers les écuries, Karsten en tête, calmement, Maman Tjitske derrière. Le licol est enlevé en douceur, tout va bien.

 

          Octobre 2019

 

Premier petit matin frais et brumeux, les poulains et les juments sont un peu plus toniques que les autres fois.
Nous allons reprendre les bases pour Karsten qui n'a pas travaillé la fois précédente. Il ne pose aucun problème pour mettre le licol, c'est acquis.


La séance de pansage commence, la main et la brosse alternativement, on propose la main qui coure sur l'encolure, suivit de la brosse qu'il connait moins. Dés que le poulain manifeste une inquiétude en se décalant, on reprend le pansage avec la main.

 

On fera l'encolure, le dos, les flancs, les postérieurs qui se lèvent un peu mais se reposent. Tout cela se fait avec beaucoup de douceur, sans confondre avec des caresses.

Alain et Karsten se dirigent vers la carrière. L'air est frais et inspirent les autres chevaux du parc, qui nous offrent de superbes embardées.
Mais on est là pour travailler et après plusieurs tours au trop, galop, arrêts, Alain attend patiemment que le poulain se calme. Cette fois, c'est physique car nous ne sommes plus dans les rapports collés l'un à l'autre, la longe est beaucoup plus longue et permet au poulain de se manifester avec une certaine force et nous fait bénéficier de belles allures.

On ne sent pas d’appréhension de sa part, pas de peur, juste une envie d'être avec les autres : oreilles dressées, tête droite dirigée vers les chevaux, hennissements, pression importante sur la longe, un caprice en fait ! Il faut être patient et attendre.

 

Au bout d'un certain temps, son attention se porte sur Alain qui a attendu qu'il se calme et revient vers lui. 
Le travail se fait maintenant avec le stick, Alain révise la marche longe détendue, pas de passage devant les épaules, dès que le poulain s'excite, il s'arrête.


Je prends le relais pour le même travail de respect de l'humain et du poulain en lui laissant un peu de temps pour assimiler mes demandes d'arrêts et de changement de direction. On lutte un peu l'un et l'autre, c'est de bonne guerre mais on cède aussi l'un et l'autre...


Karsten est un poulain qui a de la force mais qui reste sympa et confiant, ce qui rend le travail ensemble intéressant.

‌‌‌                    Octobre 2019

 

Cette séance est toute simple : faire travailler Karsten en longe dans la carrière, pour qu'il nous suive simplement,sans tension.


C'est assez mouvementé et pas vraiment à son goût. Il tire fort sur la longe et part au galop dans tous les sens. Alors petite rectification, Alain lui met une longe beaucoup plus longue, ce qui nous permet de dépenser beaucoup moins d'énergie, et lui donne l'illusion d'avoir une grande liberté.

 

Liberté toute limitée car au final, le but est qu'il revienne vers Olivier. Mais comme il tarde un peu pour accepter cette demande, Alain le reprend et le recadre. On révise : tranquillement tous les deux marchent, s'arrêtent, Alain redevient le pilier d'attache, le poulain doit s'immobiliser. 

 

Après ce moment de retour au calme, Karsten va devoir s'habituer à nous suivre avec une longe très longue : de cette façon, il peut évoluer à sa guise sur un périmètre assez important mais qui au final se réduira comme une peau de chagrin.

 

C'est le but, il doit finir par comprendre que sa meilleure place est avec nous, prés de nous.


Les premiers essais dans la carrière sont explosifs, Olivier maintient Karsten à distance qui trotte, galope, pile, repart dans l'autre sens, mais cette longe le ramène toujours vers ce périmètre délimité par la longueur de la longe.


Petit à petit, la circonférence des cercles diminue, le poulain se calme et s'aperçoit qu'il va falloir qu'il s'approche d'Olivier.

 

C'est ensuite à moi de faire le même travail. Je bénéficie du temps que Karsten a passé à se défouler avec Olivier et le résultat ne tarde pas trop : Karsten me suit de loin, je rembobine la longe, et dès qu'il repart loin de moi, je laisse la longe défiler entre mes mains, jusqu'à une distance raisonnable en gardant toujours sa tête face à moi.


Je bloque et rappelle Karsten, je détends dès qu'il me suit, et ainsi de suite.
On finira tous les deux dans un cercle court et là je m'immobilise. Le poulain doit s'arrêter en même temps que moi. C'est ce qu'il fait assez vite, et là je félicite, je caresse, il reste à l'arrêt.

 

Tous les moments passés lors des séances précédentes permettent de voir le travail accompli et ça fait du bien ! 


La séance se termine en mode libre, sans licol, histoire de laisser le poulain galoper tout à son aise. Puis calmement, Olivier s'approche de Karsten, lui remet le licol sans problème pour le ramener dans le parc.

 ‌       Décembre  2019

 

‌Aujourd'hui, notre travail va se faire en extérieur avec Karsten et Maman Tjistske. 


Olivier récupère Tjistske en petite longe. Alain, lui  aura Karsten, en grande longe ce qui lui permettra de garder une certaine sécurité quand au comportement du poulain et lui rappellera les exercices faits précédemment en carrière.


Les débordements de Karsten seront plus faciles à maîtriser car les réactions puissantes d'un poulain qui grandit, s'atténuent grâce à la longueur de la longe.


Alain nous indique que le départ pour la promenade en extérieur risque d'être un peu physique, car ce sera une première pour le poulain.
Le démarrage se fait avec un peu de tension, mais sans problème.

 

Karsten est un peu inquiet, il y a beaucoup de choses qu'il n'a jamais vues. Il trottine avec la queue en panache , souffle mais suit sa mère sans problème.


Arrivé sur la route, il passe en tête et avance d'un bon pas mais il n'y a pas d'embardée. De temps en temps, il s'arrête et observe une branche, un arbre, un caillou mais repart sans difficulté, sous les encouragements d'Alain  qui se positionne face à lui. 

 

Assez rapidement, Karsten marche à côté de lui, les oreilles pointées vers l'avant, très intéressé par ce qu'il découvre.

 

Il ne tient absolument pas compte de sa mère qui marche derrière lui.

 

Il semble à l'aise et Alain nous confirme que le travail fait en carrière lors des précédentes séances, porte tous ses fruits maintenant car le poulain suit l'homme sans tension sur la longe, en confiance totale.


On peut se permettre alors de lâcher du lest et l'autoriser à s'arrêter, renifler l'air, sentir les herbes du chemin, tout ça pour qu'il puisse prendre du plaisir à cette promenade et se détendre.


Plus nous avançons dans la ballade, plus le poulain devient coopératif et Alain lui indique le rythme du pas. Volontairement, il ralenti de plus en plus sa marche, et le poulain fait de même, pour ensuite reprendre un pas plus rapide, le poulain suit à l'identique.

 

Tout se passe sans avoir à intervenir sur la longe, on se retrouve dans la situation des exercices faits en carrière. Lorsqu'on s'arrête, Alain le caresse et le félicite pour son calme, et le poulain vient chercher cette reconnaissance en pointant son nez vers lui. 

C'est au tour d'Olivier de reprendre Karsten tandis qu' Alain reste derrière avec Tjitske.

 

Lorsque le poulain s'arrête, Olivier laisse dérouler la longe tout en marchant et le rappelle gentiment afin qu'il se remette en marche.


Nous faisons demi tour, Karsten a pris de l'assurance et marche d'un bon pas, dépassant parfois Olivier qui lui rappelle que sa place est à ses côtés, Alain lui conseillant de le faire tourner autour de ses épaules pour le repositionner correctement.

 

La fin de la ballade se passe sans souci, tranquillement et avec un réel plaisir de voir évoluer le poulain qui fait entièrement confiance en celui qui le tient au bout de la longe.


Arrivé non loin de son écurie, il hennit et appelle ses congénères mais ne part pas comme un fou. Nous rentrons dans le parc où nous enlevons le licol. Karsten baille, fatigué de sa première ballade qui s'est très bien déroulée.

 

C'est de sa construction dont nous sommes témoin, des exercices faits et refaits dans la carrière qui permettent d'avoir un poulain confiant et qui fait confiance, et bien dans ses sabot

       Fevrier 2020

 

Maintenant, c'est au tour de Karsten...qu'il faut attraper et lui passer le licol. Vu sa façon de jouer avec Jéleena, la technique de le bloquer dans le box est reprise.

 

Je laisse filer Jéleena et je le bloque à l'intérieur. Il n'est pas d'accord, gratte du sabot mais finit par se calmer et accepter ma présence et le licol.


Par contre le départ vers la carrière est laborieux car il s'est mis en tête de ne pas avancer et j'ai beau essayé de le déséquilibrer un coup à gauche, un coup à droite, pas moyen de lui faire céder un morceau de terrain.

Alain me conseille de faire passer la pouliche devant lui car il la suivra et ça marche, merci Alain, je commençais à fatiguer ! 


Notre travail en carrière sera le même que celui fait avec la pouliche. Karsten est moins obéissant mais plus puissant. Il suit tranquillement derrière moi, au gré de mes changements de direction.

 

L'exercice de changement de côté se présente comme avec Jéleena, il force le passage et je dois m'imposer physiquement avec mon corps et mes mains levées pour lui demander "la politesse" : je passe avant lui. 

L'exercice où l'on doit trottiner ensemble n'est pas évident au début car Karsten est plus fort mais au final, on y arrive.

 

Il faut jouer avec lui, c'est ce que me montre Alain, avec lui, ça marche, avec moi, ça marche ... des fois.
Mais au final, le résultat est positif, lui et moi apprenons et avons des résultats.

La séance terminée, Karsten est ramené au parc.

 

Quand on voit les deux poulains bailler de concert, on se dit qu'ils ont bien bossé et qu'on a fait encore quelques petits pas intéressants qui ajoutent encore à notre désir de les voir évoluer avec plaisir avec nous.

      Mars 2020

 

Ce matin, nous partons en ballade en extérieur avec Karsten, grande première car nous partons sans Maman.

 

Le poulain devra analyser tout ce qui se trouve autour de lui sans la protection rassurante qu'il avait eu lors de notre dernière sortie.

 

Après la mise du licol dans le box afin d'éviter de se promener dans le parc avec Jeleena, nous sortons.

 

Olivier a le stick en main afin de canaliser Karsten et lui indiquer qu'il doit rester à côté de lui et ne pas le dépasser. 


Le démarrage est un peu speed mais normal car le poulain est en stress : beaucoup de choses inconnues sont autour de lui. Il souffle fort, tourne, pile, avance d'un coup.  

Olivier prend le chemin, le poulain est inquiet car s'ouvre devant lui un champ, vaste étendue qui n'a rien pour le rassurer. Il découvre les flaques d'eau, les branches d'arbre qui sont à terre et les bruits inhabituels auxquels il n'avait pas fait attention lors de la sortie avec sa mère.

 

Olivier gère ces moments avec beaucoup d'attention et on sent que Karsten lui fait confiance. Et puis, petit à petit, le poulain se détend et marche de façon plus calme.
Alain prend le relais et, au bout d'une dizaine de minutes, les choses se mettent en place, Karsten commence vraiment à se détendre, en reniflant le sol et s'approche de lui pour se rassurer. 


C'est à mon tour. Je récupère le stick façon canne à pêche et nous avançons tranquillement. Pas toujours évident de gérer la situation car moi-aussi, j'ai pas mal de choses à vérifier : le poulain ne doit pas me dépasser, et me manquer de respect, j'ai le stick pour cela.

 

Il doit garder une distance lorsqu'il marche à côté de moi, distance qui se réduit en fonction des informations qu'il recueille et qui l'inquiètent, il se rassure en me collant.


Je ne sais pas s'il risque de me dépasser suite à un bruit ou une forme que je n'aurais pas repéré... Bref, j'ai le sentiment de devoir moi aussi faire de gros efforts de concentration.

ll faut regarder devant soi et loin devant, avoir des yeux derrière la tête, garder le poulain à une certaine distance mais pas trop loin, regarder où on met ses pieds pour ne pas se mettre en danger... et respirer aussi !

 

La carrière offrait une sécurité pour lui et pour moi, l'univers d'un lieu connu avec des limites très claires, il faut maintenant intégrer tous les éléments qui peuvent surgir d'un coup et c'est tout l’intérêt du travail en extérieur. L'apprentissage se fait pour tous les deux, sans aucun doute, en retrouvant toutes les étapes de mise en place dans la carrière qui permettent de valider ce travail.

Je dois aussi lui demander de s'arrêter et de rester immobile. Notre départ ne doit se faire qu'à ma demande, mais je dois profiter de ses propres arrêts pour retrouver le calme et la tranquillité de la promenade.


Nous sommes sur le chemin du retour, Karsten le sent , accélère l'allure et se colle à moi. Le stick me permet de lui rappeler sa place mais je dois insister plus. Il faut toujours continuer de regarder sous les angles si une forme ou un bruit peut l'inquiéter pour anticiper sa réaction. Alain me demande de mettre le poulain à ma gauche, histoire de changer un peu car toute la promenade s'est faite avec Karsten à ma droite mais il faut insister....habitude, quand tu nous tiens...

Arrivé non loin de l'écurie, Karsten s'impatiente un peu et me hennit fort dans les oreilles, essaie de me dépasser.

 

Alain reprend le poulain et lui signifie rapidement qu'il doit rester à sa place et ne pas jouer au costaud, et ça marche tout de suite : le gros hennissement d'impatience devient une petit hennissement de poulain, histoire de dire quelque chose , c'est amusant de le voir faire.

 

Prés du parc, Alain lui demande de marcher très calmement, et fait plusieurs poses en lui demandant de s'immobiliser d'une manière qui ne souffre d'aucune contestation.

 

Le poulain a compris et reste sagement immobile. Puis, tranquillement, Olivier reprend Karsten et tous les deux se dirigent vers le parc, le poulain est calme et détendu.

      Aout 2020
‌Les poulains Karsten et Jéleena grandissent, et il y a bientôt un an que nous travaillons ensemble. 
Quel plaisir de les voir évoluer physiquement et psychologiquement : ils sont devenus de jeunes adultes éduqués et respectueux, nous pouvons les attraper sans trop de difficulté dans le parc, leur passer le licol et nous diriger vers la carrière pour un travail en commun pour, ensuite, sortir en extérieur.

Nous travaillerons les deux poulains ensemble en gardant le contrôle de chacun. Effectivement, toute la difficulté réside dans le maintient de l'attention et du calme que nous leur demandons. Pas facile de rester zen lorsque le copain juste à côté, veut jouer et part un peu dans tous les sens.

Je débute la séance avec Jéleena, plutôt calme à l'entrée de la carrière. Alain nous demande de travailler chacun sur une partie de la carrière, en effectuant des lignes droites avec un poulain à l'écoute, ce qui n'est pas toujours évident lorsque Karsten s'amuse...Mais au bout de quelques minutes, Jéleena redevient attentive et nous pouvons effectuer une ligne droite en trottinant sans qu'elle me dépasse.
L'exercice demandé doit être fait aux deux mains, droite et gauche. En ce qui concerne ma place à gauche de Jéleena, et donc avec ma main droite, c'est bon, par contre l'autre côté, avec main gauche à sa droite, c'est plus difficile. Il faut qu'on s'accorde, la pouliche doit pouvoir travailler des deux côtés sans problème.

Après plusieurs essais, on finit par trottiner ensemble, Jéleena à l'écoute de ma demande, sans qu'elle parte trop vite.
Nous échangeons les poulains, et je récupère Karsten pour le même travail.

Après notre travail individuel, Alain nous demande de marcher côte à côte et de remonter la carrière dans sa longueur, en essayant de rester alignés, au calme. Pas si simple de se rapprocher sans être trop près, de garder une distance égale mais nous y parvenons. 
Après ce travail en carrière, 
nous allons partir en promenade tous les 5 ensembles, Jéleena et Olivier, Alain, Karsten et moi-même, avec un échange des poulains tout le long de la ballade. Nous passerons chacun tour à tour en tête.

Alain nous prévient que ça risque d'être un peu "sport" au démarrage car c'est une première pour les poulains que de sortir ensemble. Leur stress va se communiquer de l'un à l'autre et c'est à nous de rester maître de la situation quoi qu'il se passe.
Nous partons sur le chemin : passage de voitures, palettes au sol, les poulains soufflent, démarrent au petit trop mais tout ce passe bien. Arrivés sur la route, on change d'univers et là il y a beaucoup plus d'infos. Alain insiste sur le fait que nous ne sommes pas pressés, que nous devons prendre notre temps, c'est nouveau pour eux et ils nous font confiance.

 


Nous avançons d'une allure un peu saccadée car les poulains sont surpris par beaucoup de nouvelles choses. Je suis devant avec Karsten qui s'est placé un peu derrière moi car je le "protège".
Il s'arrête, je m'arrête, il observe, et on repart avec une voix encourageante.Tout doucement, le poulain se détend mais Alain nous met en garde de faire attention à tout ce qui se passe autour de nous : un parc, y-a-t'il des animaux qui peuvent débouler, des branches, elles sont à l'ombre, et semblent noires, c'est inquiétant, une clôture trop proche, attention, en fait, prévoir l'imprévisible reste notre préoccupation.

Notre objectif est fixé, la ferme un peu plus haut. Nous allons tranquillement marcher, en maintenant le poulain à hauteur des épaules mais sans qu'il nous dépasse.


Les poulains passeront tour à tour en tête, avec quelques hésitations mais dans l'ensemble sans problème. Arrivés à la ferme, nous ferons une pose en les caressant pour les féliciter.

Le retour sera plus speed et là, nous devons reprendre notre place de référent, car leur envie de rentrer est nette, Karsten me le fait rapidement comprendre.

 

Je garde le stick devant son poitrail afin de lui signifier qu'il reste derrière moi. Lorsqu'il force le passage, un petit coup de stick sur les naseaux lui rappelle sa place.

Nous échangeons les poulains et je repars avec Jéleena qui reste plus calme.

 

Olivier est en grande conversation avec Karsten qui joue les durs en s'excitant sur la route.

 

Alain reprend le poulain et au bout de quelques minutes, lui fait comprendre rapidement que sa place est derrière lui : pas d'éclat de voix, juste une fermeté dans sa demande pour qu'il reprenne sa place d'élève.  


La fin de la promenade se fait tranquillement avec un Karsten très, très...à l'écoute, derrière Alain qui s'arrête exprès tout les trois mètres, arrêt respecté à la lettre par Karsten. Ce retour vers les écuries se fait avec des pauses où il n'y a plus aucun débordement de Karsten,qui reste à sa place.

 

On s’aperçoit de manière très claire de la différence de comportement entre une jeune pouliche Jéleena et un jeune entier Karsten. Elle reste plus calme et attentive alors que Karsten joue un peu les durs. C'est dans ces moments là qu'il faut être très attentif à ne pas laisser s'installer cet excès de zèle qui peut rapidement devenir un problème.

 

Alain est intervenu rapidement en s'imposant pour signifier à Karsten que la fin d'un travail en extérieur mérite la même attention que celui fait en carrière, pas de débordement mais du respect.