Fringant

 Alors que nous cherchions initialement un petit poney pour tenir compagnie à notre cheval, nous sommes tombés sous le charme de Fringant dès la première visite au refuge.

 

Arrivé en septembre 2018, il était comme éteint, sans enthousiasme et d’une docilité surprenante pour son jeune âge (3 ans à l’époque). Il est rapidement devenu un compagnon d’aventures pour notre fille qui était ravie de grandir avec son « petit cheval ». A vrai dire, tout nous semblait facile avec lui et lorsqu’il montrait des signes de confiance en lui, je me disais : enfin il se réveille.

 

Quand les premières difficultés se sont fait connaitre, j’ai fait l’erreur de ne pas y attacher d’importance jusqu’au jour où il s’en est pris à ma fille en la mordant de façon assez violente, puis à moi quelques jours plus tard. Un peu tardivement donc, la prise de conscience s’est faite car on ne se comprenait plus. J’étais dépassée par son comportement, ma fille en avait une peur bleue et nous avions besoin d’être accompagnés pour poursuivre notre parcours sereinement.

 

Mon objectif à court terme est de ne plus vivre en constante opposition avec Fringant, de ne plus me méfier de lui et de ses réactions agressives et imprévisibles, en carrière comme en extérieure. Mon objectif à long terme est de le monter sans mors en extérieur et de pouvoir sortir avec son compagnon de pré et ma fille.

 

 AOUT 2020

 

Rdv est pris et nous arrivons au pré des chevaux pour une évaluation du comportement de Fringant et du mien.

 

Il ne faudra que quelques minutes à Alain pour se rendre compte qu’il a face à lui, un poney qui ne fait aucun effort, s’impatiente à la moindre contrainte et une propriétaire qui s’est adaptée à ce comportement quitte à manquer aux règles de sécurité de base.

 

Alain me fait ce constat et le recadre immédiatement au moment du pansage pour me montrer le bon déroulement d’une approche avec Fringant. Il ne me faudra là-aussi que quelques petites minutes pour être frappée par l’évidence qu’avec de la justesse, de la fermeté et de la douceur, Fringant respecte, accepte et se conforme aux attentes d’Alain.

 

L’émotion est vive quand je le vois continuer à discuter avec moi alors qu’il tient calmement le pied de Fringant sans qu’il cherche à se dégager.

 

C’est vraiment cette image et ce moment que je retiens de notre première séance.

 

 

Suivront ensuite des exercices de mené en main en carrière qui là encore seront révélateurs de mon manque d’intelligibilité envers Fringant.

Je précipite et enchaîne les demandes, je suis toujours dans l’anticipation d’un mauvais comportement de la part de Fringant, je manque de rigueur dans le « non » et menace sans agir.

 

Avec les conseils et les démonstrations d’Alain, je me connecte peu à peu à Fringant et je reproduis les exercices de façon satisfaisante.

C’est une première séance qui se termine finalement de façon détendue et durant laquelle je n’ai cessé d’entendre des remarques criantes de vérité : « Respirez »,

 

« laissez-lui le temps »,

 

« On ne passe pas au rapide tant qu’on n’obtient pas le lent ».

 

Alain repart en me disant ces derniers mots importants pour moi et que j’avais besoin d’entendre « C’est votre cheval, vous êtes sa référente ! ».

Séance septembre 2020

 

Nouvelle séance sous le signe de la vérification des acquis et d’une sortie en extérieur pour se

confronter aux difficultés que je rencontre lorsque l'on croise d’autres chevaux.

 

Fringant a bien intégré les règles et Alain me rappelle que bien qu’on reste dans un cadre de travail, il faut aussi s’amuser et tout tester lorsqu’on sort. Je commence donc par apprendre comment monter et descendre des talus en prenant le temps et en restant en sécurité, puis départ à pied sur la piste, en changeant de main régulièrement pour un tour qui nous mènera à croiser tous les chevaux du voisinage.

Alain prend la main lorsque Fringant tente de faire le malin devant une première jument, il le recadre immédiatement et passe sans grande difficulté le passage étroit que j’évitais maintenant depuis de nombreuses semaines.

 

La scène est drôle car même l’âne, qui habituellement se montre curieux et pas très commode, recule volontairement devant leur passage et se tient en retrait.

 

A nouveau, il apparait flagrant qu’en se posant comme véritable référent, c’est tout l’environnement qui est impacté et Fringant se comporte respectueusement. Immédiatement après, Alain s’amuse et monte sur une butte de matériaux stockés sur le chemin.

Encore une fois, on rit car Fringant se montre maladroit, s’enfonce et se retrouve même à genoux en tentant de le rejoindre mais fini par trouver la solution. Je me détends peu à peu et reprends Fringant en main pour finir ce parcours que j’appréhendais tant initialement. 

Je sais pourtant qu’à l’exception de ces rencontres avec d’autres chevaux, il est top en extérieur car nous sortons régulièrement mais malgré moi, de mauvaises expériences avaient fini par ancrer des peurs.

 

Les conseils d’Alain lors de cette séance ont été de nouveaux outils pour retrouver de la sérénité.

 

Il est vrai aussi que j’ai besoin de voir faire et voir comment Fringant réagit pour être rassurée et pouvoir reproduire ensuite les exercices en toute confiance. « Fermeté, douceur, justesse et constance » restent les maîtres mots.

Séance janvier 2021

 

Séance découverte et apprentissage des rênes courtes.

 

Après vérification des acquis et rituel de travail d’échauffement en carrière, Alain m’explique l’importance de ces nouveaux exercices pour plus tard et me montre comment faire.

 

Cela me permet d’observer les réactions de Fringant et comment agir en cas de difficultés.

C’est un exercice qui n’est pas évident, tant par la position que je dois adopter que par la place en tête que Fringant doit assumer.

Nous partons ensuite en extérieur pour la mise en pratique. En milieu de parcours commencent les premiers tests.

Au changement de main, Fringant refuse d’avancer, puis se précipite, puis se gratte la tête sur les antérieurs…

 

Alain me demande de vite recadrer pour ne pas me laisser déborder et nous retournons immédiatement à l’endroit où son « mauvais » comportement a commencé. Et là, force est de constater qu’il s’agit d’un caprice car Fringant n’a ni peur ni stress, il tente juste le coup de faire ce qu’il veut et pas ce que je lui demande.

 

C’est une chose que j’apprends ce jour-là car je ne me doutais pas qu’il puisse volontairement mettre en place ce type d’actions. J’ai d’ailleurs depuis eu largement le temps de vérifier que le grattage de tête était bien une feinte pour faire une pause de sa propre initiative.

 

Un peu plus loin, au passage d’un véhicule qui s’arrête, je prends quelques minutes pour discuter avec le conducteur et Fringant recommence à n’en faire qu’à sa tête et à grignoter l’herbe sur le bord de la route en ne faisant plus du tout attention à moi.

 

Cette fois, je ressens la déconnexion et bien que je reconnaisse que la faute est partagée, Alain me rappelle que quoi qu’il se passe, il faut garder le contrôle et que Fringant doit rester concentré car nous sommes en conditions de travail. Nous rentrons ensuite tranquillement jusqu’au clos.

 

 

Objectifs fixés pour la prochaine séance : Ne plus autoriser les grignotages, sorties en rênes courtes accompagnés d’un autre cheval ou seuls, travail de direction en rênes courtes.

Séance mars 2021

 

Séance de travail sellé et en longe. Désensibilisation, travail des allures sur un cercle, apprentissage de l’aspiration des hanches et du montoir en carrière.

 

Le rituel de début de séance reste inchangé : Pansage, détente en main et vérification des acquis. Je précise à Alain que je n’ai plus de grignotage intempestif en extérieur (même si je dois encore agir avec le stick en début de sortie) et que j’ai pu vérifier qu’en compagnie d’un autre cheval, Fringant est exemplaire en rênes courtes tant qu’il reste en arrière.

 

Dès qu’il se retrouve en tête, son comportement change et il devient hésitant.

 

Nous commençons les exercices dans un petit paddock qui permettra de longer Fringant avec la selle sanglée sur le dos.

 

Alain me montre d’abord comment le désensibiliser en déplaçant les étriers sur différentes parties du corps et en faisant claquer les étrivières sur la selle pour créer la surprise. Puis, en mettant du poids sur les étriers, il m’explique comment reproduire l’action de la jambe pour le travail de direction. Enfin, il me rappelle les outils de respect des distances et de travail sur des cercles.

 

En pratique, je suis un peu maladroite avec la chambrière mais tout se passe relativement bien. Je dois veiller à maintenir les allures sur plusieurs cercles et travailler sur l’énergie que je dégage pour les transitions trot/pas/arrêt.

Nous continuons dans la carrière pour l’apprentissage de l’aspiration de hanches et du montoir.

 

Fringant qui n’était jusqu’alors pas forcément très enthousiaste à l’idée de travailler, commence à lâcher prise.

 

C’est un déclic que je vais observer lors de l’exercice de mise en place devant le montoir pratiqué par Alain.

 

Il se montre exigeant mais toujours juste, récompense largement et Fringant comprend vite et devient volontaire. En pratique, j’obtiens également ce que je demande sans trop de difficultés.

 

Suivant les conseils d’Alain, je décompose les gestes et je finis par m‘assoir doucement pour la première fois sur la selle et à remettre pied à terre en ayant un petit cheval qui ne bouge pas, qui est détendu et à l’écoute ; c’est un véritable plaisir de partager ce moment !

 

Objectifs fixés pour la prochaine séance : Travailler avec la selle, maintenir des allures constantes sur des cercles en longe, sortir en rênes courtes avec travail de direction et travail sur le montoir.