Pintura est née en 2007 et a passé toute la première partie de sa vie en semi liberté en troupeau dans la montagne, jusqu’à ce que son propriétaire la prête à une de mes amies, Anais, en mai 2015.

 

 

Elle était à ce moment à peine licolée, et le but était de la débourrer pendant l’été pour qu’il puisse la vendre plus facilement par la suite, car elle était déjà agée de 8ans.

 

De nature dominante et d’un caractère bien trempé (on pourrait même dire un sale caractère, une authentique jument !!), elle n’était cependant pas vicieuse.

 

Après un premier travail à pied et en longe, Anais, aidée d’une amie monitrice, est donc rapidement passée à l’étape montée. Malheureusement, cela s’est clôturé par une chute douloureuse et traumatisante aussi bien pour la cavalière que la jument.

 

Le travail en est donc resté à pied par la suite. Il a fallu un certain temps et la participation d’autres amies cavalières pour remettre Pintù plus ou moins en confiance, car après cet épisode, elle se montrait stressée au travail, butée, allant même jusqu’à « charger » une de mes amies lors d’une séance de longe.

 

Lorsque je suis revenue dans la région, fin 2016, j’ai commencé à la travailler tranquillement à pieds, et en longe, armée de mon expérience plutôt réduite en matière de débourrage (et sur des chevaux toujours très gentils, jeunes, et coopératifs !). Tout se passait malgré tout très bien, et Pintù semblait se détendre peu à peu, mais nous préférions avoir l’avis d’un professionnel avant de retenter l’étape montée.

 

 

Anais a alors eu l’idée de faire venir Alain pour qu’il m’encadre dans cette entreprise. Nous ne voulions prendre aucun risque, et avons donc commencé les séances avec Alain, au rythme d’une fois par semaine au départ… et il y en avait finalement bien besoin !!

 

 

 Nous avons débuté par le travail à pied et en longe lors de la première séance le 05 avril 2017. Alain m’a demandé de commencer, afin de pouvoir observer, et il a rapidement cerné le problème : la jument semblait tout à fait docile et calme, mais uniquement parce que je la laissais dans une zone de confort.

 

En fait elle me considérait clairement comme sa masseuse esthéticienne personnelle, et absolument pas comme sa référente. Lorsque j’ai voulu la faire changer de main en longe (ce qui se passait d’habitude très bien), elle s’est soudain mise face à moi, me défiant clairement ! Alain a immédiatement repris les choses en main, et le changement de comportement de Pintù a été impressionnant, elle se montrait très réactive, mais sur ses gardes, avec un résultat finalement positif

Nous avons par la suite attaqué le travail en longues renes en carrières à la 2eme séance, puis nous sommes parties en extérieur en longues renes dès la 3eme séance.

 

Elle progressait vite au travail à pied, et j’essayais entre chaque passage de Alain, de travailler le plus régulièrement possible, afin d’apprendre à m’imposer plus, tout en restant dans la relation de douceur et de confiance que j’avais réussi à instaurer avec Pintù.

 

A la 4eme séance, Alain décida de passer à l’étape « sac à patate » à crue, plutôt optimiste quant à l’évolution du comportement de pintù. Mais à nouveau, en la sortant de sa zone de confort, nous avons été surpris par sa réaction plutôt violente, ce qui a valu à notre alain national une petite rencontre accéléré avec le sol de la carrière.

 

Pintù avait sortie sa tenue de combat et se montrait peu coopérative. La séance a cependant fini sur un bon résultat, et malgré une franche hésitation de Alain sur le fait de continuer le travail ou non avec nous, il décida de nous donner une autre chance, et je l’en remercie encore.

 

Nous voyions à ce moment Alain 2 fois par mois. Pendant les 2 séances suivantes nous avons continué ce travail, et j’ai aussi commencé à pratiquer le sac à patate, d’abord à l’arret puis au pas. Et à la 7eme séance, Alain a pu demander le premier trot en sac à patate, et même, en fin de séance, s’assoir à califourchon.

 

Pintù et moi nous améliorions progressivement et apprenions à connaitre nos réactions mutuelles. J’allais en extérieur en longues renes, avec une amies à cheval, ou seule. Elle progressait clairement plus rapidement en extérieur qu’en carrière, où elle avait tendance à se bloquer. En juillet, j’ai commencé à la monter à cru à califourchon.

 

Je me souviens encore de la sensation la première fois que j’ai finalement passer ma jambe par-dessus son dos pour me retrouver assise sur elle, c’était comme une révolution !!

 

Le travail en alternance à pied en renes courtes et monté a permis de débloquer pas mal de choses chez Pintù. Son problème était alors le mouvement en avant avec cavalier sur le dos… et sa susceptibilité !! Elle avait tendance à se camper et ne plus bouger ou réagir, et connaissant son fort caractère, c’était tout un travail de négociation pour obtenir un résultat sans qu’elle se sente forcée et qu’elle ne se bute.

 

J’ai ensuite pu instaurer le trot à crue, d’abord en balade, puis en carrière. Alain venait environ une fois par mois pour me donner de nouveaux exercices et challenges. Pintù était lancée, si bien que cet hiver j’ai pu commencer à la monter en selle, en extérieur puis en carrière.

 

 

Et bien sur, j’ai fini par craquer, le 28 décembre 2017 je l’ai officiellement achetée à son propriétaire

 

Début mars 2018, nous avons fait notre premier galop en extérieur, et tout s’est passé le plus naturellement du monde, si bien que le 1er avril (soit presque un an jour pour jour après la première visite de Alain), nous avons participé à notre premier Trec en équipe (à peine une semaine après notre premier galop en carrière et notre premier saut d’obstacle monté !!). Ce fut un week end chargé en émotion :

  • premier transport en van, car jusque ici Pintù ne connaissait que les camions à bétail qui la menait d’un paturage à l’autre

  • première fois montée en dehors de chez nous

  • premier contact, en mode travail, avec des chevaux qu’elle ne connaissait pas

  • premier contre haut, contre bas, saut de tronc…

  • bref, grande première !!!!!!!!!!!

 

Ce trec fut une vraie révélation, avec mon équipe de choc, nous avons même réussi à finir 4eme (bon, sur 7, mais quand même !!), mais il a aussi mis en lumière un nouveau point à travailler : mademoiselle botte les autres chevaux !

 

Mais depuis, Pintù ne fait que progresser, de plus en plus en plus vite. Nous commençons à travailler dans une optique de dressage, la souplesse, les déplacements latéraux, tout en alternant avec de l’extérieur, du travail en longe, en liberté, en longue rênes… afin que Pintù reste toujours intéressée et investie.

 

Le plus dur maintenant est de ne pas tomber dans le trop, dans l’excès de confiance ou de sollicitation, ne pas oublier où nous en étions à peine un an auparavant.

 

D’autres challenges nous attendent encore, en mai nous partons 3 jours en randonnée, et nous comptons bien nous inscrire à un autre TREC à l’automne. Je suis la plus heureuse du monde avec cette jument dont je me suis vraiment attachée.

 

Je l’aime de tout mon cœur et je pense qu’elle me le rend bien, elle est indulgente avec moi et me pardonne mes erreurs, me fait grandir chaque jour un peu plus.

 

 

Alain a vraiment su nous mettre sur le bon chemin, a été présent pour débloquer des étapes clés, me donner de précieux conseils, si bien que sous sa houlette, tout s’est passé vraiment naturellement, sans anicroche ou accident, dans le respect du cheval et la sécurité.

 

Je le remercie sincèrement de nous avoir donné notre chance malgré un départ un peu difficile. En un an, soit environ 15 séances avec Alain, Pintù a fait des progrès formidables.

 

Je commence peu à peu à faire « s’assoir » d’autres cavaliers sur son dos, en espérant que par la suite elle puisse être montée en toute confiance et sécurité par d’autres cavaliers que moi.